Oui merci je suis également intéressé par un résumé didactique de tout ce jargon moderne qui n'existait pas de mon temps



Je parlais surtout de sa phraseLyapounov a écrit : 26 juil. 2026 08:55exemple: je mets le clignotant pour doubler; mais manque de bol, la voiture me demandait de bouger le volant.
CB44 a écrit : 26 juil. 2026 09:39Ma question est la suivante : ce que tu décris correspond-il au FSD actuellement disponible en France, ou bien au FSD que l’on attend et qui est déjà déployé, notamment aux Pays-Bas, en Belgique, etc.

Développement intéressant. Mais en fait, ça ne s'applique pas à l'objection du ministre, le problème n'est pas l'opacité du réseau de neurones, c'est une demande de conformité au code de la route, pas une transparence algorithmique.Lyapounov a écrit : 26 juil. 2026 22:32..................................
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Pour revenir au sujet de ce thread: autant il est facile d'auditer un ensemble de règles, autant c'est impossible d'auditer un réseau de neurones de l'intérieur... Et c'est là où l'esprit cartésien français a des problèmes.


C'est exactement ce comportement que je décrivais quelques pages plus haut.Nisouck a écrit : 27 juil. 2026 08:34Ainsi, par exemple, si étant à droite elle aperçoit un camion bien avant de se laisser coincer derrière lui si la voie à droite est assez chargée, si la distance entre les véhicules est correcte, elle va mettre le clignotant, va attendre sagement que le véhicule à sa gauche la dépasse de quelques bons mètres, calmement elle va s'insérer entre les deux véhicules.
Merci pour cette explication. Philippe Guillemant ça te parle ? Il était aussi dans l'intelligence artificielle mais spécialisé dans la vision, et notamment la détection des feux (de forêt) par IA à la même période que toi il me semble...Lyapounov a écrit : 26 juil. 2026 22:32Il y a effectivement un problème de terminologie.
J'ai le FSD, qui comportait la partie EAP (ce que je décris) et l'arrêt aux feux rouges (bof bof); et j'ai mis tout ça sous l'étiquette FSD en France, désolé si ça a prêté à confusion.
Une petite introduction à l'IA pour répondre à la soif de savoir sur moteur de règles versus réseau de neurones.
L'IA existe depuis longtemps, depuis exactement le séminaire de Dartmouth en 1956 où les grands pionniers de l'informatique de l'époque (Marvin Minsky, Claude Shannon, Herbert Simon, etc.) se sont réunis autour de la question : "est-il possible d'approximer l'intelligence humaine avec des machines"; c'est dans ce séminaire que le mot "Ariticial Intelligence" a été énoncé pour la première fois.
A cette époque, l'informatique était logique: les programmes reproduisaient une logique de processus avec des tests, des boucles, des opérations etc.
La première grande classe de réponse était ce qu'on nommait des systèmes experts: il s'agissait de modéliser l'expertise humaine sous forme de règles de type si ... alors puis de mettre ces règles dans un ordinateur; on avait même inventé des langages de programmation (LISP, Prolog) pour réaliser ces implémentations.
Ce sont ces systèmes de règles qui étaient dans les couches supérieures du FSD V11. Une règle pouvait être par exemple "si j'arrive à une intersection et que le feu est rouge, je ralentis la voiture jusqu'à l'arrêter" (j'invente, je ne connais pas). Au passage, ce moteur de règles se codait dans 300.000 lignes de code, pour donner une idée de la complexité.
Cette IA se nommait "IA symbolique".
Puis est arrivé une deuxième catégorie, qu'on appelle "l'IA statistique" qui consistait à dire : "coder des règles, c'est difficile, il faut faire appel à des experts qui ne sont pas toujours d'accord; les règles peuvent se contredire, et aussi quand il y a plusieurs règles en compétition, je ne sais jamais laquelle activer en premier." Les chercheurs se sont alors tourné vers des méthodes statistiques, qui consistaient à faire la chose suivante : "je ne mets aucune connaissance; je prends tout un tas de données avec ce qu'il y a en entrée et ce que je veux obtenir en sortie (des données d'apprentissage), et je calcule une fonction complexe qui transforme l'entrée en sortie; puis je l'applique à toutes les autres situations". C'était une forme sophistiqué de l'algorithme simpliste de la régression linéaire.
En 1943 déjà des chercheurs eurent l'idée de modéliser les neurones pour créer cette fonction mathématique: c'étaient des transformées polynomiales qui comportaient plusieurs couches depuis les données en entrée jusqu'au résultat final. Par exemple, on mettait plein de photos de chats en entrée, et on calculaient les matrices polynomiales pour aboutir en sortie à "c'est un chat". Ensuite, on testait sur d'autres images de chat et quand les algorithmes trouvaient que c'était toujours un chat, on était content.
Petite parenthèse: je travaillais sur la reconnaissance de la parole à IBM dans les années 1980; c'était typiquement un domaine où s'affrontaient les chercheurs en IA symbolique qui disaient "le langage c'est quatre niveaux: lexical (le dictionnaire), syntaxique (la grammaire) sémantique (le sens) et pragmatique (le contexte)", donc ils développaient des moteurs de règles qui cherchaient à décoder ça. Nous, on était du côté IA statistique, on calculait des polynomes etc. et on faisait de la reconnaissance de la parole comme ça. L'IA symbolique n'a jamais percé pour ces sujets de reconnaissance de la parole, d'images, etc.
Pour terminer, il y eu en 2011 une accélération due à trois éléments concourants: la disponibilité des très grandes bases de données d'images tagguées (c'est un chat, c'est un chien, etc.) permettant de faire des apprentissages de qualité, l'arrivée d'une nouvelle catégorie d'algorithmes qui modélisaient le cortex cérébral au lieu de simplement les neurones (notre champion national Yann Le Cun qui au passage a appris à Musk comment utiliser les réseaux de neurones dans les Tesla), et les fameux processeurs graphiques de NVIDIA, les GPU qui pouvaient faire des immenses calculs que nécessitaient les algorithmes.
Pour donner une idée au passage: le corpus d'apprentissage de chatGPT c'est 10000 milliards de "token" (un mot = 1,3 token environ) et l'espace des paramètres aurait comme dimension quelques centaines de milliards... Impossible à réaliser avec des moteurs de règles.
Pour revenir au sujet de ce thread: autant il est facile d'auditer un ensemble de règles, autant c'est impossible d'auditer un réseau de neurones de l'intérieur... Et c'est là où l'esprit cartésien français a des problèmes.




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